La réponse courte
Aucun pourcentage de plagiat n’est autorisé : un seul passage emprunté sans source est déjà du plagiat. Le chiffre que vous voyez sur un rapport Compilatio ou Turnitin est un taux de similitude, qui compte aussi les citations bien faites. Il n’existe pas de seuil national : c’est votre établissement, ou à défaut votre enseignant, qui décide à partir de quand un rapport mérite un examen.
Repérez les passages à citer avant le dépôt
Similitude n’est pas plagiat
Un logiciel anti-plagiat ne détecte pas le plagiat. Il repère des suites de mots identiques ou très proches entre votre texte et des sources qu’il connaît, puis calcule la part de votre texte concernée. Le jugement reste humain.
Compilatio le dit sur son centre d’aide : le pourcentage « représente le taux de similitudes entre le texte du document et une ou plusieurs sources externes, y compris les citations potentiellement déjà référencées dans le document ». Et il ajoute : « Vous pouvez ignorer les sources correctement référencées, le taux de similitudes se transforme alors en taux de plagiat. » Turnitin est encore plus direct dans son guide pour les étudiants : l’outil ne vérifie pas le plagiat, il compare votre devoir à sa base de données et surligne ce qui y ressemble.
Retenez donc deux choses. Une citation entre guillemets, avec sa référence, fait monter le taux sans être une faute. Et un passage copié sans source reste du plagiat, quel que soit le pourcentage final.
Ce que disent Compilatio et Turnitin sur les seuils
Les deux outils affichent le score avec une couleur. Ces couleurs sont des repères d’affichage, pas des règles d’établissement.
| Outil | Couleur | Taux | Ce que l’éditeur en dit |
|---|---|---|---|
| Compilatio | Vert | 0 à 10 % | le document est « principalement original » |
| Compilatio | Orange | 10 à 25 % | peut être acceptable selon le devoir, « il faut être vigilant » |
| Compilatio | Rouge | plus de 25 % | « cela peut être élevé » |
| Turnitin | Vert | un mot à 24 % | texte correspondant |
| Turnitin | Jaune | 25 à 49 % | texte correspondant |
| Turnitin | Orange | 50 à 74 % | texte correspondant |
| Turnitin | Rouge | 75 à 100 % | texte correspondant |
Chez Compilatio, ce sont les couleurs « par défaut », et l’éditeur précise que ces seuils sont modifiables dans certaines de ses offres. Surtout, il explique que si le règlement de l’établissement ne fixe pas la quantité de similitudes acceptable, « chaque enseignant peut décider du pourcentage de similitudes tolérées pour chaque devoir ». Chez Turnitin, les bandes concernent les devoirs « classiques » de Feedback Studio et peuvent varier selon l’intégration ; le guide étudiant indique qu’il n’existe pas de score fixe à atteindre, et que chaque école, enseignant ou devoir peut avoir sa propre tolérance.
Le repère chiffré donné par Compilatio
Compilatio consacre un article de son centre d’aide à la question elle-même, « Quel taux de plagiat est autorisé ? ». Sa réponse commence ainsi : « Il n’y a pas de règle universelle. Chaque université ou école fixe son seuil ! » L’éditeur cite l’exemple de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qui, selon lui, utilise Compilatio avec un taux acceptable de 14 % mentionné dans une charte d’utilisation des logiciels de détection.
Pour le reste, Compilatio indique qu’un taux compris entre 10 % et 15 % « reste une bonne référence indicative, à ajuster selon la longueur et la nature du devoir », et que certaines écoles acceptent entre 5 % et 25 %. Si un établissement ne fixe pas de seuil précis, ajoute-t-il, la décision peut revenir à l’enseignant évaluateur.
Le même article insiste sur la longueur du document. 10 % de textes suspects dans un document de 80 pages correspondent à environ un paragraphe, ce qui peut être considéré comme relativement faible ; 10 % dans un document de 200 pages représentent plusieurs pages et méritent une attention particulière. « L’important n’est donc pas seulement le chiffre, mais la quantité de texte réellement concernée et sa nature (citation, paraphrase, contenu original). »
Attention au vocabulaire : cet article raisonne en « taux de textes suspects », qui n’est pas le taux de similitudes. Selon Compilatio, c’est le pourcentage du texte qui présente des similitudes avec des sources existantes « ou des contenus potentiellement générés par l’IA ». Ces passages « méritent une vérification attentive, mais ne signifient pas automatiquement qu’il y a plagiat ». Quant au taux de plagiat, il « n’est pas produit par l’analyse Compilatio » : il dépend de l’analyse de l’enseignant correcteur.
Ces chiffres sont donc les repères d’un éditeur de logiciel, pas une règle : aucun texte national ne fixe de seuil, et c’est la règle de votre établissement, ou à défaut l’appréciation de votre enseignant, qui s’applique. Un mémoire à 12 % peut contenir un passage plagié, et un mémoire à 20 % n’en contenir aucun.
Quand un taux élevé est sans gravité
Un rapport peut afficher un chiffre impressionnant sans qu’il y ait la moindre faute. C’est le cas quand :
- le mémoire contient beaucoup de citations entre guillemets, avec leur référence ;
- la bibliographie, les intitulés de lois ou les titres d’ouvrages sont comptés comme correspondances ;
- la page de garde, le nom de l’université ou un modèle imposé par la formation figurent déjà dans la base ;
- vous avez déposé une version antérieure du même travail : Turnitin cite ce cas, un brouillon déposé dans la base de l’établissement pouvant faire monter la version finale jusqu’à 100 %.
Dans tous ces cas, la personne qui lit le rapport voit vite que les correspondances sont légitimes.
Quand un taux faible pose quand même problème
L’inverse existe aussi. Un pourcentage bas peut cacher un vrai plagiat :
- un seul paragraphe recopié dans un mémoire de 60 pages pèse peu dans le total, mais reste du plagiat ;
- une paraphrase très proche ou une traduction d’un texte étranger peut ne pas ressortir comme correspondance, et reste un emprunt non cité ;
- une source absente de la base de l’outil n’apparaîtra pas, même si vous l’avez copiée mot pour mot.
C’est pour cela que la question à vous poser n’est jamais « mon taux est-il assez bas ? », mais « chaque emprunt est-il cité ? ».
Comment lire son propre rapport
Si vous vérifiez votre mémoire avant le dépôt, passez sur chaque passage signalé et classez-le :
- Citation entre guillemets, avec référence : rien à faire, c’est une similitude acceptable.
- Paraphrase avec référence, mais très proche du texte : réécrivez-la vraiment, ou citez entre guillemets.
- Passage emprunté sans référence : ajoutez la source, et les guillemets si les mots sont ceux de l’auteur.
- Expression courante, terme technique, intitulé : correspondance sans conséquence.
Pour les règles de mise en forme, voyez comment citer ses sources dans un mémoire. Pour une lecture plus détaillée d’un rapport, notre guide how to interpret a plagiarism report (en anglais) reprend chaque cas.
Notre détecteur de plagiat fonctionne de la même façon : il montre chaque phrase qui correspond à une source, pour que vous puissiez corriger les citations. Il ne prédit pas le score que votre université obtiendra, puisque chaque outil a sa propre base. Le texte doit faire au moins 30 mots, et il n’est jamais utilisé pour entraîner des modèles d’IA. Sans compte, une analyse porte sur 1 000 mots, et un compte gratuit donne 3 000 mots par mois ; pour un mémoire entier, il faut une formule payante.
Trouver la règle qui s’applique à vous
Avant de vous fier à un chiffre lu sur un forum, cherchez dans cet ordre :
- le règlement des études ou des examens de votre établissement ;
- la charte anti-plagiat de l’université, souvent publiée par la bibliothèque ;
- les consignes de dépôt du mémoire, de la thèse ou du rapport de stage ;
- votre directeur ou directrice de mémoire, qui reste la meilleure source pour un cas précis.
Si aucun texte ne fixe de seuil, c’est normal : Compilatio rappelle que c’est alors à l’enseignant d’apprécier. Et la définition du plagiat, elle, ne change pas d’un établissement à l’autre : qu’est-ce que le plagiat.